(1967)
Il Galéone
Siamo la ciurma anemica
d’una galera infame
su cui ratta la morte
miete per lenta fame.
Mai orizzonti limpidi
schiude la nostra aurora
e sulla tolda squallida
urla la scolta ognora.
I nostri dì si involano
fra fetide carene
siam magri smunti schiavi
stretti in ferro catene.
Cos’è gementi schiavi
questo remar remare?
Meglio morir tra i flutti
sul biancheggiar del mare.
Remiam finché la nave
si schianti sui frangenti
alte le rossonere
fra il sibilar dei venti!
E sia pietosa coltrice
l’onda spumosa e ria
ma sorga un dì sui martiri
il sol dell’anarchia.
Su schiavi all’armi all’armi!
Pugnam col braccio forte !
Giuriam giuriam giustizia !
O libertà o morte !
Giuriam giuriam giustizia!
O libertà o morte!
Traduction : Le Galion
Nous sommes la chiourme anémique
D’une galère infâme
Sur laquelle la mort
Moissonne par famine lente.
Jamais sur d’horizons limpides
L’aurore ne s’ouvre,
et sur le pont sordide
La sentinelle hurle toujours.
Nos jours s’envolent
Dans d’infectes carènes,
nous sommes de pâles et maigres esclaves
Chargés de chaînes de fer.
Pourquoi, esclaves gémissants,
Continuer à ramer ?
Mieux vaut mourir entre les flots
sur la blanche écume de la mer.
Ramons jusqu’a ce que le navire
Se brise sur les écueils
Hissez le rouge et noir
Dans les hurlements du vent !
Et que je sois un lit compatissant
L’onde écumante et fumante
Mais que se lève un jour sur ces martyrs
Le soleil de l’anarchie.
Debout esclaves aux armes !
Combattons de toute la force de nos bras !
Jurons nous justice
Et liberté ou la mort !