17 Octobre 1961

Paroles collectif les Barricades (2007), musique Rudi Goguel et Herbert Kirmsze (1934).
[RÉ]

Ami souviens-toi de nos frères jetés à la Seine
Ami souviens-toi quand la haine policière se déchaîne
Ohé, compagnons c’est en ton nom que la loi est prononcée
Ce soir exigeons que sans délai les coupables soient jugés.

Montez à Paris, sortez des bidonvilles camarade
Pour notre dignité contre cette oppression : « Ledtihad »
Ce 17 octobre, des milliers d’algériens manifestent,
La loi d’exception impose le couvre-feu au faciès.

Les ordres sont clairs, le climat délétère, c’est la guerre,
Ils furent massacrés et noyés sous nos yeux grands ouverts
Nos bouches restent fermées, combien de temps allons-nous nous taire
Perdue la mémoire, il faut rouvrir les tiroirs de notre histoire.

Pacifiques et déterminés hommes et femmes ensemble ils s’avancent,
Papon a délivré, à ses flics casqués, carte blanche,
Réquisitionnés les bus les ont emmenés à Charléty
Ils ont oublié qu’il y a 20 ans d’autres partaient pour Drancy.

Métro Bonne Nouvelle, ou du Pont St Michel, ils ne reviennent
300 ont disparus, on n’en parlera plus, mais la Seine,
Rougie de leur sang charriera leurs corps pendant des semaines
Badauds, bateliers, vous les avez vus flotter même à Suresne.

Ami souviens-toi de nos frères jetés à la Seine
Ami souviens-toi quand la haine policière se déchaîne
Ohé, compagnons c’est en ton nom que la loi est prononcée
Ce soir exigeons que sans délai les coupables soient jugés.

Histoire

Prétendant empêcher les attentats du FLN, le préfet de police Maurice Papon – condamné 30 ans plus tard pour crimes contre l’humanité entre 1942 et 1944 – ordonne le couvre-feu à la population d’origine algérienne vivant à Paris. Celle-ci organise une manifestation pacifique, hommes, femmes et enfants de concert, pour demander à ne pas être traités différemment des autres Français. La police réprime la manifestation de façon sauvage, en s’acharnant sur les manifestants jusque tard dans la nuit.

173 corps sont repêchés aux écluses de Suresnes et du Pecq. Charles de Gaulle, président à cette époque, balaie le crime d’un : « C’est regrettable mais secondaire. » Il faut attendre le 18 octobre 2012 pour qu’un autre président de la République, François Hollande, reconnaisse le crime. Il refuse cependant de présenter des excuses de la part de la France.

Sur l’air du chant des partisans, la chanson en appelle au même esprit de résistance que contre l’ogre nazi.

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