Le Chant des marais

Paroles Johan Esser & Wolfgang Langhoff, adaptation Hans Eisler, musique Rudi Goguel et Herbert Kirmsze (1934)
[FA#/RÉ/SI]

Partition 1 Partition 2

Die Moorsoldaten, le Chant des marais, est écrit en 1934 dans le camp de concentration de Borgermoor. C’est un des premiers chants de résistance issus des camps. Mis en musique, il s’est transmis oralement jusqu’en 1945 dans les camps nazis.

Le Chant des marais

Loin vers l’infini s’étendent
Des grands prés marécageux.
Pas un seul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux.

Wir sind die Moorsoldaten
Und ziehen mit dem Spaten ins Moor
Ô terre de détresse
Où nous devons sans cesse piocher !

Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d’un grand désert.

Wir sind…

Bruit des pas et bruit des armes,
Sentinelles jour et nuit
Et du sang des cris des larmes,
La mort pour celui qui fuit.

Wir sind…

Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira.
Liberté, liberté chérie
Je dirai tu es à moi.

Ô terre d’allégresse
Où nous pourrons sans cesse chanter !
Ô terre enfin libre
Où nous pourrons revivre, aimer !

Version originale : Die Moorsoldaten

Wohin auch das_ Auge blicket,
Moor und Heide nur ringsum,
Vogelsang uns_ icht erquicket,
Eichen stehen Kahl und krumm.

Wir sind die Moorsoldaten
Und ziehen mit dem spaten ins Moor

Hier in dieser öden Heide
Ist das Lager aufgebaut.
Wo wir ferne jeder Freude
Hinter Stacheldraht verstaut.

Morgens ziehen die Kolonnen
In das Moor zur Arbeit hin.
Graben bei dem Brand der Sonnen,
Doch zur Heimat steht der Sinn.

Auf und nieder gehn die Posten,
Keiner, keiner kann hindurch.
Flucht wird nur das Leben kosten !
Vierfach ist umzäunt die Burg.

Doch für uns gibt es kein Klagen,
Ewig kann’s nicht Winter sein.
Einmal werden froh wir sagen :
Heimat, du bist wieder mein !

Dann ziehn die Moorsoldaten
Nicht mehr mit dem Spaten ins Moor

Histoire

Die Moorsoldaten, le Chant des marais, peut être considéré comme l’un des premiers chants de la déportation et de la résistance.

Le camp de concentration de Börgermoor, situé en Frise, au nord-ouest de l’Allemagne, a été ouvert en juin 1933 par le régime nazi pour y parqués les communistes allemands.

Rudi Goguel et Herbert Kirmsze qui y furent internés l’année suivante, composèrent la musique de ce chant très sombre et poignant, Die Moorsoldaten, dont les paroles allemandes furent écrites par Johan Esser et Wolfgang Langhoff.

Hans Eisler en a fait une adaptation qui a été interprétée par le chanteur antifasciste Ernst Buch.

Cette oeuvre est pleine d’une infinie tristesse, mais on y voit, dans le sublime crescendo final, l’espoir renaître dans la souffrance. Elle est ainsi un chant de résistance, destiné à redonner courage, afin de faire échec au désespoir et aux renoncements, en dépit de l’horreur quotidienne et de la misère absolue de l’univers concentrationnaire, dans lequel les hommes étaient condamnés à vivre, par un régime inhumain.

Elle a été transmis par les détenus d’Esterwegen qui construisaient les camps d’extermination.

Une version française, appelée le Chant des marais, a été créée quelques années plus tard, et a été chantée dans certains camps de concentration de la deuxième guerre mondiale, notamment au camp de Dachau.

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