En 1870, Napoléon III déclare la guerre à l’Allemagne de Bismarck et l’armée subit une série de défaites, culminant avec la capture de l’empereur à Sedan. Tandis que le chef du gouvernement, Adolphe Thiers, s’échappe pour organiser la résistance dans le sud de la France, la République est proclamée à Paris sous la pression de la foule. Les soldats fraternisent avec le peuple et refusent la reddition. Les prussiens encerclent alors Paris.
Cette complainte est l’expression vécue des maux soufferts par la population parisienne pendant les longs mois de siège et de famine d’où naîtra finalement la Commune. Elle est écrite sur l’air de la complainte de Fualdes (assassiné en 1817, en relation avec la survivance de Louis XVII, fils de Louis XVI), air populaire lui-même basé sur le timbre du Maréchal de Saxe.
La Défense de Paris
Non, jamais sur cette terre
On ne vit en vérité,
Pareille calamité,
Ni plus affreuse misère,
Que celle que l’on subit
Sous le siège de Paris.
C’est d’accord avec l’infâme
Celui qui livra Sedan :
Bonaparte, ce tyran !
Ce gredin sans cœur, sans âme !
Que la Prusse, avec ardeur,
Accomplit notre malheur.
Car dans cet horrible siège
On est bien privés de tout ;
Mais de chauffage surtout,
Et sur nos toits, blancs de neige,
L’hiver, en signe de deuil,
Vient étendre son linceul.
On se nourrit d’épluchures,
De chats, de chiens et de rats ;
On vend des choses au tas
Que l’on jetait aux ordures ;
Mais on s’en repaît enfin,
Pour ne pas mourir de faim.
Que de mères en alarme !
Gémissent en ce moment
Sur le sort de leurs enfants
Qu’a trahi celui des armes ;
Morts sous le plomb meurtrier,
Ou tout au moins prisonniers !
Et bien de tous ces ravages,
Nous souffrons sans murmurer ;
Loin de nous désespérer
Ils augmentent nos courages :
On ne vaincra pas Paris,
Tant que nous serons unis !
