Gorizia

Anonyme
[LA]

Partition 1Partition 2

Gorizia évoque la tragédie du simple soldat. Dans la région de Caporetto-Tolmino, en 1917, la vie est rude dans les tranchées : les attaques autrichiennes se multiplient, la pluie tombe inlassablement, l’homme révolté qui va mourir maudit cet enfer et nous laisse son testament. Au cours de cette guerre de position et d’usure, l’armée italienne a laissé périr 600 000 hommes sur les champs de bataille.

Gorizia

La mattina del cinque di agosto,
Si muovevano le truppe italiane
Per Gorizia le terre lontane.
E dolente ognun si parti.

Sotto l’acqua che cadeva a rovescio,
Grandinavano le palle nemiche;
Su quei monti, colline e gran valli,
Si moriva dicendo cosi :

O Gorizia, tu sei maledetta.
Per ogni cuore che sente coscienza,
Dolorosa ci fu la partenza
E il ritorno per molti non fu.

O vigliacchi che voi ve ne state
Con le mogli sui letti di lana,
Schernitori di noi carne umana,
Questa guerra ci insegna a punir.

Voi chiamate il campo d’onore
Questa terra di là dei confini
Qui si muore gridando « Assassini !
Maledetti sarete un dì ».

O Gorizia…

Cara moglie, che tu non mi senti
Raccomando ai compagni vicini
Di tenermi da conto i bambini,
Che io muoio col suo nome nel cuor.

Traditori signori ufficiali
Questa guerra l’avete voluta
Scannatori di carne venduta
E rovina della gioventu.

O Gorizia, tu sei maledetta.
Per ogni cuore che sente coscienza,
Dolorosa ci fu la partenza
E il ritorno per tutti non fu.

Traduction

Le matin du cinq août
Les troupes italiennes étaient en marche
Pour les terres lointaines de Gorizia
Et chacun partait dans la douleur.

Sous l’eau qui tombait à verse,
Les balles ennemies tombaient comme la grêle ;
Sur ces montagnes collines et grandes vallées,
On mourait en disant ceci :

« Ô Gorizia tu es maudite »
Pour chaque cœur qui écoute sa conscience,
Le départ fut douloureux,
Et pour beaucoup il n’y eut pas de retour.

Ô lâches, vous qui restez
Avec vos femmes dans les lits de laine
Vous qui vous moquez de nos chairs humaines
Cette guerre nous apprend à punir.

Vous appelez « le champ d’honneur »
Cette terre au-delà des frontières
Ici l’on meurt en criant « Assassins !
Un jour, vous serez maudits »

Toi ma chère femme qui ne m’entends pas,
Je demande à mes proches compagnons
De veiller sur nos enfants
Alors que je meurs avec son nom dans le cœur.

« O Gorizia tu es maudite »
Pour chaque cœur qui écoute sa conscience,
Le départ fut douloureux,
Et pour tous il n’y eut pas de retour.

Ce contenu a été publié dans Chanson, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.