Paroles & musique Victor Jara (1971).
[MI]
Cette chanson est un appel aux paysans, qui cultivent la terre à leurs mains et produisent leurs fruits, pour qu’ils se joignent avec leurs frères dans la lutte pour une société juste.
Sa forme qui rappelle le « Notre Père » est un reflet de l’intérêt de Victor pour la poésie et les valeurs humanistes de la Bible, dans une époque où la compréhension s’était accrue entre les catholiques progressistes et les marxistes en Amérique latine.
La Plegaria a un labrador
Levántate y mira la montaña
De donde viene el viento, el sol y el agua
Tú que manejas el curso de los ríos
Tú que sembraste el vuelo de tu alma.
Levántate y mírate las manos
Para crecer estréchala a tu hermano.
Juntos iremos unidos en la sangre
Hoy es el tiempo que puede ser mañana.
Líbranos de aquel que nos domina en la miseria.
Tráenos tu reino de justicia e igualdad.
Sopla como el viento la flor de la quebrada.
Limpia como el fuego el cañon de mi fusil.
Hágase por fin tu voluntad aquí en la tierra.
Danos tu fuerza y tu valor al combatir.
Sopla como el viento la flor de la quebrada.
Limpia como el fuego el cañon de mi fusil.
Levántate y mírate las manos
Para crecer estréchala a tu hermano
Juntos iremos unidos en la sangre
Ahora y en la hora de nuestra muerte
Amen, amen, amen.
Traduction : La Prière pour un paysan
Lève-toi et regarde la montagne
D’où nous viennent le vent, le soleil et l’eau
Toi qui gouvernes le cours des fleuves,
Toi qui as semé l’envol de ton âme.
Lève-toi et regarde tes mains,
Pour grandir joins-les à celles de ton frère,
Ensemble nous irons unis d’un même sang
Aujourd’hui est le moment qui peut être demain
Libère-nous de celui qui nous opprime dans la misère
Offre-nous ton règne de justice et d’égalité ;
Souffle comme le vent la fleur du ravin
Lave comme le feu le canon de mon fusil.
Que ta volonté soit faite, ici sur la terre,
Donne-nous ta force et ton courage pour combattre ;
Souffle comme le vent sur la fleur du ravin
Lave comme le feu le canon de mon fusil.
Lève-toi et regarde tes mains
Pour grandir joins-les à celles de ton frère,
Ensemble nous irons unis d’un même sang
Maintenant et à l’heure de notre mort.
Histoire
VICTOR JARA (1932 – 1973) chanteur, auteur et compositeur populaire chilien. Membre du Parti communiste chilien, il fut l’un des principaux soutiens de l’Unité Populaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne, contestent la guerre du Viêt Nam rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines « Corrido De Pancho Villa », « Camilo Torres », « Zamba del Che » mais aussi au peuple et à l’amour.
Le jour du coup d’Etat de Pinochet, Victo Jara est enlevé par les militaires et transféré au Stade National en compagnie d’autres militants pro-Allende. On le tortura en lui coupant les doigts et la langue, ceci symboliquement pour qu’il ne puisse plus chanter ou propager des idées allant en l’encontre de la dictature de Pinochet; il meurt ensuite criblé de balles, quelques jours avant son 41ème anniversaire. Son corps rejoindra celui de tous les anonymes massacrés durant la répression.
La « Plegaria a un labrador » est appel aux paysans, qui cultivent la terre avec leurs mains et produisent leurs fruits, pour qu’ils se joignent avec leurs frères dans la lutte pour une société juste.
Sa forme qui rappelle le «notre père» est un reflet de l’intérêt de Victor pour la poésie et les valeurs humanistes de la Bible, dans une époque où la compréhension s’était accrue entre les catholiques progressistes et les marxistes en Amérique latine.